La Scène Punk En France (1976-2016) : fais-la toi-même !

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 La Scène Punk En France (1976-2016) : fais-la toi-même !

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La scène punk en France (1976-2016) : fais-la toi-même !

Cette dixième journée d’étude s’inscrit dans le cadre du projet de recherche PIND (Punk is not dead. Une histoire de la scène punk en France 1976-2016), soutenu par le programme Intelligence des patrimoines du CESR, THALIM et l’ANR.

Dans un discours célèbre, Caroline Coon présentait en 1976 le DIY (Do it yourself) comme la pratique caractéristique du mouvement punk naissant. Mais le DIY peut-il être résumé à une simple pratique ? Et plus généralement, une pratique peut-elle être étudiée sans la confronter aux cadres de l’action, aux valeurs ou principes qui la motivent ? En effet, la définition du DIY varie en fonction des champs de recherche mais également en fonction des acteurs. Pratique érigée en concept par le monde des sciences, il désigne tout à la fois la capacité des acteurs à « faire eux-mêmes » dans une perspective d’autonomisation autant qu’une « débrouille », un « bricolage » au quotidien auquel ils seraient soumis. Considérer le DIY comme un simple régime de pratiques peut alors amener à rapprocher des acteurs aux valeurs parfois antagoniques. Au-delà d’un simple régime de pratique, le DIY s’est imposé sous l’influence du mouvement anarcho-punk non seulement comme un moyen mais également comme une fin, c’est-à-dire comme une critique en acte de la marchandisation de la culture, comme une éthique punk.

 Si le punk débarque en France dès 1976, le passage d’une pratique vers une éthique DIY devra attendre les années 1980 et la rencontre entre la musique punk et le milieu autonome, faisant de cette première le versant contre-culturel de ce dernier, à la fois par l’adoption du « look » punk par les autonomes et par la mise en relation d’une pratique politique cohérente à une pratique musicale comme le rappelle la contribution de Cécile Péchu dans l’ouvrage La France Rebelle. Le mouvement alternatif fera du punk la bande originale des luttes sociales. La spécificité de l’éthique punk DIY est alors, au-delà du média musical, la constitution d’une quotidienneté sous-tendue par l’idéal d’autonomie, permettant aux milieux contestataires de sortir d’une recherche pure de la conflictualité politique pour expérimenter au jour le jour une utopie post-capitaliste. En effet, la pratique du DIY dans la scène punk intervient à tous les niveaux. De l’autoproduction de l’information à partir du fanzinat à la création des artworks pour les affiches et les disques, de la pratique de la musique à l’organisation des concerts, de la production des enregistrement à la production du merchandising, le DIY permet à la fois l’autonomisation et l’affaiblissement de la spécialisation et de la division du travail.

Si les convulsions historiques ont travaillé cette éthique punk DIY, que ce soit par la diffusion de musique punk sur les canaux mainstream au milieu des années 90 ou par la facilitation à accéder à des musiques plus confidentielles grâce au développement de l’internet, des acteurs et des actrices maintiennent aujourd’hui cet attachement à une éthique punk DIY qui conditionne leur pratique musicale et leur rapport au monde et qui peut, peut-être, être considérée comme une matrice expérientielle de l’autonomie politique.

 

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Sam. 11 mars 2017 10h00

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Entrée libre sur invitation gratuite à retirer

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