Centre musical Fleury Goutte d'Or - Barbara
1, rue de Fleury 75018 Paris
Métro : Barbès-Rochechouart
Bus : 30 - 31 - 54 - 56 - 65
RER : Gare du Nord
Tél. : 01 53 09 30 70
Fax : 01 53 09 30 80
E-mail : contact@fgo-barbara.fr
Sur les 3 lauréats du prix Paris Jeunes Talents "Musique" désignés le 29 juin 2011 à l'Hôtel de Ville de Paris, 2 sont accompagnés par le Centre !

Formé en 2008 à Paris, le trio We Were Evergreen s'inspire de la pop des années 60, des arbres qui grandissent trop vite et des yacks en papier mâché. Ils vous feront découvrir leur folk-pop-électro acidulée, dans un joyeux petit bordel artisanal de guitares, de toy pianos et de sampling live. www.myspace.com/evergreenfr
2 modules "répétition" depuis Juin 2009
1 Module "apprentissage scène" depuis décembre 2009
Auteur, compositeur, interprète, Vincha Backpacker puise ses influences aussi bien dans la chanson française que dans le rap et pratique ce qu'il appelle de la « chanson rappée ». Vincha arrive à fédérer les déçus du hip-hop, les amateurs de chanson française, les vieux et les jeunes. Electron libre, affranchi des clichés du rap, c'est avec dérision qu'il fait partager son univers, son quotidien et son esprit de «Backpacker» passionné de grands voyages. Pour la scène, Vincha emporte avec lui son acolyte dément, Dj multi-instrumentiste : Son Of A Pitch. Piano, scratchs et mélodica, deux complices pour un show burlesque, fantaisiste et original, servant un hip hop décomplexé et plein de sensibilité. Un hip-hop où tout est permis. Un EP est actuellement en préparation et devrait voir le jour dans les prochains mois. www.noomiz.com/vinchaa
1 Module "répétition" depuis avril 2010
Le FGO Lab' Festival vu par le journaliste Pascal Bertin
"Pour la première édition du FGO Lab Festival les 17 et 18 juin, le Centre Barbara créait l'événement avec entre autres festivités, une sélection de 10 groupes de sa pépinière invités à se produire l'espace de deux soirs. S'ils ne sont pas encore
professionnels, tous se sont déjà largement frottés au live et ont eu l'occasion de
travailler et de perfectionner des sets bien au point. Pour la première soirée de
vendredi, place au rock sous toutes ses coutures, qu'elles soient brodées à
l'ancienne ou au fil synthétique, mais toujours dans une exigence de travail bien fait.
Les finitions à l'ancienne, c'est ce qu'affectionnent tout particulièrement The Twins, quatre jeunes gens dans le vent, élevés au blues 60's et au rock primal sans être primaire. De chaque côté de la scène, Douglas et David les deux jumeaux qui donnent son nom au groupe, lâchent du riff lourd autant à la guitare qu'à la basse tandis qu'au milieu, Pascal balance ses textes avec une voix comme chauffée au bourbon. Parfois, un bon titre midtempo (Never Have, Never Will) vient ralentir la locomotive lancée à fond histoire de reposer la chaudière. Les gars sont nostalgiques d'une époque révolue où Lady Gaga aurait été jetée dans les eaux du Mississipi par les fans de Robert Johnson, et leur musique en est un vibrant hommage.
Avec We Were Evergreen, la salle de concert fait un grand écart dans l'espace
temps avec une pop ludique qui convoque les Beatles et les samples incongrus,
l'afrobeat indie rock façon Vampire Weekend et l'imagination débridée de Sufjan
Stevens. Autour de leur arbre de vie, Michael, William et Fabienne affichent un plaisir évident à s'accaparer l'espace avec ukulélé, xylophone ou micro vintage, et une joie communicative qui leur font d'emblée gagner un public enfin plus nombreux. Tree Songs, Penguins & Moonboots... le groupe enchaine ses petites pépites, miniatures appelées à devenir grandes et même par delà les frontières où leur langage pop anglo-saxon n'a pas besoin de traduction.
Dans la foulée, le trio Who Makes Anita Shake! fait perdre à la salle en gaité ce qu'elle va gagner en tension et en noirceur. Enfants d'une génération expérimentale qui mélange samples et influences new-wave, les trois apparaissent concentrés sur leurs machines. On ne peut s'empêcher de penser à l'audace de contemporains comme TV On The Radio mais les trois Parisiens expriment de vraies différences comme sur Cinecitta, perle qui oscille entre darkwave et shogazing. Les rythmiques numériques se mettent au service d'une vraie énergie physique, à l'image du chanteur qui semble se déplier en une forme charismatique dès lors qu'il affronte le public. On ne sait pas qui est Anita mais on la remercie d'inspirer autant les recherches de ces trois-là.
Après ces teintes cérébrales et monochromes, le quatuor Shuunt repeint la salle aux couleurs de son rock fluorescent. Les claviers d'Agnès font office de basse tandis que les accords de guitares sautillants renvoient autant du côté de la pop de Two Cinema Club que de l'electro calibrée pour le dancefloor. Pendant que le
chanteur Angelo joue à l'élastique avec son corps, Aurélien le guitariste descend
régulièrement dans le public pour faire monter la température. Ni vraiment electro, ni totalement rock, Shuunt impose une formule radieuse qui réunit le meilleur des deux, une musique du XXIe siècle qui colle bien à leur minitube Hot Century.
Pour clôturer cette soirée, place au rock abrasif et noisy du duo Johnny Boy. Cuir
noir et punk teigneux font bon ménage avec des machines qui complètent cette
formule humainement minimale. L'alchimie fonctionne pourtant à merveille et les
deux déversent leur rock rageur sur les accords qui ont fait les beaux jours du
rock'n'roll de Bo Diddley aux Ramones en passant par Métal Urbain. L'énergie
électrique dépensée pourrait alimenter une centrale nucléaire et le duo parle de
l'ennui de la vie moderne et des banlieues sans jamais y sombrer. Ils chantent
Modern Idol et c'est tout le mal qu'on souhaite à Nicky Larsen et Salo Jr : devenir eux aussi des idoles des jeunes.
Après une première soirée sous le signe d'un rock éclaté, tiraillé vers des sensibilités différentes, mais intégralement anglophone, place samedi à la langue française. Une langue honorée, revigorée, réinventée et réappropriée à sa manière par chacun des artistes. Quand on entre dans La Secte Phonetik qui ouvre le bal, il faut même s'attendre à un choc des mots. Quelque part entre les Beastie Boys, les Frères Jacques et les Pieds Nickelés, les trois rappeurs (Djahyef, Hippocampe et Nivu Nikonu) inventent un spectacle qui marie hip-hop, human beatbox et burlesque.
Leurs trois personnages s'amusent des rimes et des mots dans un drôle de langage fleuri et coloré plein d'une autodérision qui tranche avec le machisme et les biscotos d'une autre frange du rap. On se souvient alors de façon émue de la première écoute de De La Soul ou de TTC et on fait partir par la Poste une demande pour entrer dans cette secte originale, prometteuse et surtout, vivement conseillée pour la santé.
La rappeur Vincha aura fort à faire pour suivre cette bonne humeur ambiante avec sa chanson urbaine et intimiste. Parfaitement associé à son DJ et instrumentiste, il raconte ses histoires parfois sur des sonorités electro, d'autres fois sur un piano mélancolique. La vie parisienne, les filles, la soif de liberté, Vincha a suffisamment roulé sa bosse pour offrir un regard mature et lucide sur la vie et la société, le tout sur un chant moderne qui doit autant à la grande tradition française qu'aux nouveaux horizons offerts par le hip-hop.
Le quatuor Faut Sortir le Chien pousse la notion de spectacle humoristique musical à son comble avec ses chansons rock entrecoupées de sketches où l'absurde côtoie des expériences a capella. Le groupe se regarde autant qu'il s'écoute, certains de ses membres sont comédiens, cela se sent, et surtout, cela se voit. Là aussi il est question de vrai spectacle et ce groupe ajoute aussi une dimension nouvelle à l'habituel concert.
Après autant de rires, La Fonta impose un univers très personnel mais décalé, fort, parfois violent. Entourée d'un guitariste et d'un claviériste, Jeanne la blonde chante ses mots sur fond de cabaret synthétique, de piano alambiqué et d'accords électriques. Quand elle emprunte la Harley Davidson de Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg, c'est pour l'embarquer sur des notes monocordes en jouant des excès de vitesse comme si elle fonçait à toute berzingue sur la lune. Personnel on vous dit.
Personnel, le mot serait carrément faible pour qualifier Malkhior. Entouré d'une revue de personnages excentriques sortis d'un cabaret queer, le chanteur à perruque se dévêt un peu plus à chaque morceau pour finir en slip panthère, victime de la température qu'il contribue à faire grimper. Chaud, brûlant, provocant, son show orgiaque et décadent n'épargne personne et fait la nique à toutes les conventions de la morale et de la religion. On pense à un Katerine extrême porté sur le cul. Sexe et provoc sont scandés sur une disco techno furieuse et tonique qui ferait presque passer Fischerspooner pour des enfants de coeur.
Samedi soir touche à sa fin et il est temps pour le Centre Barbara de fêter ces deux soirées réussies, tant par leur diversité que par les prestations de ses jeunes talents.
A l'année prochaine, et sûrement avant pour la plupart des artistes présents."
Pascal Bertin, journaliste
Dictionnaire du rock 2.0, Tsugi, Serge, SFR Musique, les Inrockuptibles...